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Resume

FAITS SAILLANTS

Au cours du mois écoulé, on a vu des inquiétudes de plus en plus vives face à la propagation mondiale du coronavirus et une incertitude croissante liée aux implications à plus long terme pour la production et la consommation. Si certains produits de base ont connu un vif redressement de la demande immédiate, notamment le riz et les produits à base de blé, la détérioration des conditions économiques pourrait freiner l’utilisation à plus long terme, notamment pour ce qui concerne les produits industriels comme l’amidon et l’éthanol à base de maïs. Bien que les importations de certains produits de base se soient accélérées ces dernières semaines, des difficultés logistiques sont signalées à mesure que se multiplient les restrictions de circulation et les mesures de confinement. La limitation des transports pourrait également entraver la distribution des intrants agricoles et perturber les travaux des champs printaniers ; toutefois, à ce stade, le Conseil part du principe que les intentions de semis seront concrétisées. Néanmoins, les projections du Conseil pour l’offre et la demande revêtent un caractère hypothétique tant qu’on n’en sait pas plus sur la progression et la durée de la pandémie.

Les prévisions de production mondiale toutes céréales confondues (blé et céréales secondaires) en 2019/20 sont relevées de 3 millions de tonnes d’un mois sur l’autre, à 2.175 millions, principalement du fait d’un ajustement de la production de maïs dans l’UE. Comme la consommation est rognée, le chiffre concernant le total des stocks de céréales est majoré de 4 millions de tonnes, mais les inventaires sont tout de même jugés se contracter de 17 millions d’une année sur l’autre, pour tomber à leur plus bas niveau en quatre ans.

Ce rapport renferme le premier jeu complet de projections de l’offre et la demande pour 2020/21. Le total de la production de céréales devrait atteindre un nouveau pic de 2.223 millions de tonnes, quelque 2 % de plus d’une année sur l’autre. Du fait des stocks d’ouverture plus tendus, le total de l’offre mondiale de céréales (production plus stocks d’ouverture) fait 1 % de plus d’une année sur l’autre et, en supposant une croissance de la demande, on envisage un nouveau léger repli des stocks de report. Les échanges devraient atteindre un autre sommet, y compris des expéditions accrues de blé, de maïs et de sorgho.

Pour traduire une détérioration des perspectives au Brésil et en Argentine, les prévisions de production mondiale de soja en 2019/20 sont rognées de 4 millions de tonnes, à 341 millions, un repli de 5 % d’une année sur l’autre. La réduction se répercute sur des chiffres moindres de consommation et de stocks de report ; rognés de 1 million de tonnes, à 38 millions, les inventaires sont jugés reculer d’environ un tiers d’une année sur l’autre. En supposant un redressement des superficies aux Etats-Unis, la production mondiale en 2020/21 devrait croître de 7 % d’une année sur l’autre. Les stocks pourraient s’orienter à la hausse, mais ils vont probablement rester tendus du fait des stocks d’ouverture modestes et d’une recrudescence de la demande. Les échanges pourraient atteindre un pic de 157 millions de tonnes, soit une hausse de 3 % d’une année sur l’autre.

Les prévisions du Conseil pour l’offre et la demande mondiales de riz en 2019/20 sont globalement inchangées d’un mois sur l’autre, avec des stocks de report qui grimpent à un pic de 177 millions de tonnes du fait d’une accumulation en Chine et en Inde. Etayée par des gains de superficie chez les principaux exportateurs, la production mondiale de riz en 2020/21 devrait croître de 2 % d’une année sur l’autre, à un pic de 509 millions de tonnes, car l’essor démographique soutient une utilisation record. On mise sur de nouveaux gains des inventaires, principalement chez les exportateurs clés et en Chine. Les échanges sont estimés croître de 3 % du fait des plus grosses livraisons à l’Afrique, l’Inde étant le principal exportateur.

L’Indice des céréales et des oléagineux du CIC (GOI) n’a guère affiché de changement d’un mois sur l’autre car des replis initiaux pour certains de ces éléments ont été gommés au fil du mois.

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VUE D’ENSEMBLE

A 2.799 millions de tonnes, l’offre mondiale toutes céréales confondues (blé et céréales secondaires) en 2019/20 devrait être légèrement plus élevée d’une année sur l’autre et n’être que légèrement inférieure au record absolu d’il y a deux ans, car une production accrue fait plus que compenser des stocks d’ouverture plus tendus. Comme la demande est placée à un niveau record et balaie la petite hausse de l’offre, les stocks de clôture sont jugés se contracter et tomber à leur plus bas niveau en quatre ans, ce qui est presque entièrement dû à une diminution des stocks de maïs, surtout en Chine. Les échanges sont placés à un nouveau pic, y compris de plus grosses expéditions de blé, de maïs, d’orge et de sorgho.

En 2020/21, le total de la production mondiale de céréales devrait grimper à 2.223 millions de tonnes, une hausse de 2 % d’une année sur l’autre et un record absolu. A ce niveau, l’offre globale atteindra un nouveau pic mais, en supposant une croissance de la consommation, on mise sur un nouveau repli modeste des stocks de clôture. Une fois de plus, cela s’explique principalement par un recul des inventaires de maïs en Chine, qui fait plus que compenser une augmentation de cette céréale aux Etats-Unis. Les stocks de blé devraient atteindre un record absolu, sous l’effet de hausses en Chine et en Inde. On mise sur une croissance de 2 % du total des échanges de céréales, avec une accélération des expéditions de maïs, de blé et de sorgho.

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Du fait d’un effondrement de la récolte aux Etats-Unis, la production mondiale de soja en 2019/20 est estimée reculer de 21 millions de tonnes d’une année sur l’autre, à 341 millions. Comme la consommation pourrait atteindre un nouveau pic, les stocks devraient se contracter sensiblement car les inventaires des Etats-Unis ont diminué de plus de la moitié. De plus grosses livraisons à l’Asie pourraient étayer un gain de 1 % d’une année sur l’autre des échanges mondiaux. En lien avec un rebond possible aux Etats-Unis, la production mondiale en 2020/21 est estimée atteindre un record de 366 millions de tonnes, une hausse de 7 % d’une année sur l’autre. Comme on mise sur une modeste hausse de la consommation, les inventaires vont probablement rester inférieurs à la moyenne récente. La demande mondiale à l’importation est hypothétiquement estimée se hisser à un pic de 157 millions de tonnes.

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Comme une production record en Inde arrive presque à compenser des replis ailleurs, notamment en Chine, en Thaïlande et aux Etats-Unis, la production mondiale de riz en 2019/20 ne devrait guère afficher de changement d’une année sur l’autre, à 499 millions de tonnes. La consommation est supposée croître du fait de l’essor démographique, les échanges gagnent aussi du terrain grâce aux achats par des importateurs africains. En 2020/21, les gains de superficies en Asie sont jugés étayer une hausse de 2 % de la production à 509 millions de tonnes, le total de l’utilisation étant estimé à un nouveau pic. Les inventaires devraient croître à un record de 185 millions de tonnes, du fait d’une augmentation en Chine et en Inde. Les échanges mondiaux pourraient grimper à leur plus haut niveau en trois ans du fait des besoins de l’Afrique.

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RESUME DU MARCHE

Comme les mouvements s’équilibrent plus ou moins entre ses différents composants, le GOI du CIC reste quasiment inchangé par rapport au GMR de février.

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Le sous-indice blé du GOI du CIC a gagné 2 % d’un mois sur l’autre, car une accélération de la demande à l’exportation et une embellie des achats des consommateurs ont inversé les pertes antérieures.

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Compte tenu des pressions qui découlent principalement des vifs replis des prix du pétrole brut et de la détérioration des marges de production d’éthanol, le sous-indice maïs du GOI du CIC a perdu 1 % par rapport à la fin février.

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Le sous-indice riz du GOI du CIC s’est hissé à son plus haut niveau en plus de cinq ans, grimpant de 4 % d’un mois sur l’autre, du fait d’un bond de la demande des consommateurs associé au coronavirus.

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Principalement tiré vers le bas par le vif recul des prix en Argentine, le sous-indice soja du GOI du CIC a fléchi de 1 % net.